D'abord, ses cheveux ont blanchi.
Il s'est teint pour ne plus être gris.
Ainsi devenu homme colorié,
Ce n'était que le début de ses avanies.
Falsifié...
Cette teinture trop inappropriée
Lui faisait dûment perdre ses tifs.
Une moumoute lui a refaçonné
Un visage tel qu'il paraissait plus expressif.
Déguisé...
Sa vue commença à baisser.
Il dut alors se résigner
A porter des lunettes
Qui lui donnaient des maux de tête.
Il opta enfin pour les lentilles
Qui blessaient sévèrement ses pupilles.
Il revint donc aux bons vieux carreaux,
Et tant pis pour ses vieux ciboulots pariétaux.
Optiqué...
Soudain, une surdité bien balaise
Lui offrit une paire de prothèses.
Pas de chance, il les perdait toujours.
Ça lui joua dans sa vie sans humour de sales tours.
Prothésé...
Par ailleurs, il avait des abcès,
Il dut se faire arracher
Ses dents endommagées.
Une opportunité d'étrenner des rateliers.
Une coupure qu'il se fit au poignet
L'obligea à se faire amputer.
Mais malchance, c'était au côté droit,
Il devint pour cette raison très maladroit.
On lui mit un crochet...
Accident dans la rue, pas de bol.
Un vélo lui faucha une guibole.
On lui mit une jambe de bois
Electrique heureusement toutefois, désarroi.
Ravaudé...
Ce n'était guère la panacée.
Souvent fort déséquilibré,
Une chute dans l'escalier
Qu'il ne put maîtriser le laissa paralysé.
Chaise roulante, donc exercice réduit.
Incessante, sa féroce boulimie.
Son coeur fut très vite en drapeau.
C'est pourquoi on dut lui en greffer un nouveau.
Retapé...
Tout cela lui étant arrivé
Bien avant sa trentième année,
Il vécut ainsi racommodé
Trop longtemps, isolé, presqu'une éternité.
Rapiécé...
Terminant sa vie en centenaire
Dans une piaule de misère,
Mais toujours accroché à la vie, endurant
Un véritable calvaire.
Rafistolé...
No comment.