Au bal du casino,
Dans une ville d'eaux,
La terrasse est ouverte,
Par un préau couverte.
Tous les dimanches après-midi
Le musette retentit,
A moins que ce soit un paso,
Une valse ou un tango.
Sirotant ma liqueur,
Je me complais des heures,
Comme un rétro-viseur
A mater les danseurs
Ils sont d'une autre époque,
Des rombières et des vioques
Tous sur leur trente et un
Datant de temps lointains.
Les dames à cheveux blancs
Se sont fait une nuance
D'une vague couleur mauve
Pour se montrer plus fauves.
Toutes plus grandes que leurs hommes
On ne voit d'elles en somme
De loin qu'une forêt de mauve.
C'est mieux que leurs danseurs chauves.
C'est bien que les seniors s'éclatent
A force, ils deviennent écarlates
Et ma douce hilarité
Est vraiment déplacée.
On pourrait croire que ça date. Non, c'est encore ainsi.